La photo d’architecture au 10-24 mm

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La photo d’architecture au 10-24 mm

Grégory Perrin, ambassadeur Tamron, a testé durant plusieurs semaines le tout nouvel objectif 10-24 mm f/3,5-4,5 Di II VC HLD à destination des capteurs APS-C. Malgré une prédilection pour la photo de nature, il n’est pas rare de croiser Grégory aux abords des villes, accompagné de son ultra grand-angle. Il nous propose ici un retour sur son expérience au coeur de la jungle urbaine.

Bonjour Grégory, vous êtes issu d’un milieu plutôt rural, qu’est ce qui vous plait dans la photo d’architecture ?

En effet j'ai grandi à la campagne, la photo de nature (paysage, animalier, macro proxy) représente l'essentiel de mon travail photographique, au delà de l'image c'est un besoin personnel, presque spirituel. Je suis toutefois tout en paradoxes car j'apprécie aussi de temps en temps l'effervescence de la ville. L'architecture ancienne ou récente représente un terrain de jeu très favorable pour moi pour une recherche graphique presque sans limite. La lumière, la météo variable, les jeux de symétrie et les reflets sont des paramètres qui se rajoutent et laissent de grandes possibilités créatives.

Tamron SP 10-24 mm – 10 mm - 1/80s – f/11 – Iso 400

Où trouvez-vous l’inspiration ? Qu’est ce qui retient particulièrement votre attention ?

L'inspiration est alimentée par des images ou même des peintures que j'ai pu voir. Sur le terrain en ville ou ailleurs j'aime me laisser porter par l'intuition, je m’imprègne des éléments qui m'entourent, souvent en solitaire pour mes prises de vue, je prends vraiment le temps d'observer, de respirer à la fois. Cette inspiration, les sujets (un immeuble, des reflets, un mouvement etc...) ainsi que le rendu final des images sont très fluctuants suivant l'état de mes émotions. Parfois je suis très créatif, productif, parfois moins.

Tamron SP 10-24 mm – 10 mm - 1/13s – f/11 – Iso 200

En quoi l’utilisation d’un zoom ultra grand-angle, comme le 10-24 mm est utile dans cette pratique ?

Par définition un ultra grand-angle prend large, aussi ça me permet de jouer sur les perspectives. Suivant l'angle que je vais choisir, je vais pouvoir accroître les courbes et perspectives naturelles qui sont sur le terrain, cela me permet de créer du dynamisme dans mes images. L'exercice serait moins aisé avec un zoom standard, l'autre intérêt de travailler à l'UGA c'est que de fait, on peut obtenir plus de profondeur dans ses images. Ensuite au moment des prises de vues c'est intéressant pour moi d'avoir un zoom dans les mains. J'obtiens une plus grande polyvalence que se soit en ville ou en pleine nature et je peux changer facilement de focale pour mes compositions.

Tamron SP 10-24 mm – 10 mm - 1/100s – f/16 – Iso 200

Et quels réglages conseillez-vous ?

Bien souvent je travaille en mode priorité à l'ouverture, je me cale à f/11 sur boitier aps-c afin d'obtenir une image bien nette et homogène, puis en me servant de la mesure de lumière je vais aller chercher la vitesse qui me convient pour mon rendu final. Lorsque la lumière est bien présente j'utilise l'autofocus, couplé à la stabilisation, la mise au point est rapide et précise avec ce nouvel objectif. Attention toutefois à ne pas oublier de couper la stabilisation lorsque on fait des prises de vue sur trépied comme de nuit ou en faible conditions de lumière. Je vous livre une autre petite astuce, en contre jour pour obtenir une belle étoile solaire (effet starburst) sur mes images je ferme plus le diaphragme, f/16 par exemple.

"À mes yeux, l'évolution majeure reste effectivement l'arrivée de la stabilisation, d'une efficacité et d'un silence déroutant"

Vous avez débuté avec la version précédente du 10-24 mm (le modèle B001), quelles sont, selon vous, les améliorations apportées à cette version 2017 (le modèle B023) ?

En effet j'ai beaucoup utilisé l'ancienne version du 10-24 mm, le B023 en garde un bon équilibre, léger et compact, il procure un sentiment de liberté dans la création. La tropicalisation a aussi été améliorée et permet d'évoluer sereinement dans des conditions de prises de vue difficiles (pluie, humidité, poussière urbaine ou encore en bord de mer). L'ergonomie a aussi évoluée et est très sensorielle, intuitive. Les bagues et les boutons de réglages sont plus agréables et on peut travailler de manière spontanée et précise avec l'objectif.

Et que pensez-vous de l’arrivée de la stabilisation, est-ce vraiment utile pour un UGA ?

À mes yeux, l'évolution majeure reste effectivement l'arrivée de la stabilisation, d'une efficacité et d'un silence déroutant, on peut maintenant descendre à des vitesses de 1/5 sec sans utiliser de trépied, ce gain de vitesse permet d'accroître les possibilités de prises de vue dans les conditions de lumière difficiles. La nouvelle motorisation HLD est aussi très discrète et efficace.

Tamron SP 10-24 mm – 10 mm - 1/5s – f/3,5 – Iso 500

Autre caractéristique intéressante, la distance minimale de mise au point de cet objectif est de seulement 24 cm. Quelles possibilités créatives cela offre-t-il ?

D'un point de vue créatif, cette faible distance minimale de mise au point est intéressante pour deux raisons. Premièrement, on peut s'approcher de son sujet et jouer sur l'ouverture, valoriser son sujet en ouvrant le diaphragme pour obtenir ainsi un beau flou d'arrière plan. Deuxièmement avec cette fois le diaphragme fermé, la proximité avec un sujet en premier plan, en plus d'avoir un impact graphique fort, laisse beaucoup de profondeur au reste de la composition et valorise d'autant plus le sujet.

Tamron SP 10-24 mm – 24 mm - 1/400s – f/4,5 – Iso 100

Si vous ne deviez retenir qu’une seule photo ?

Sur mes séries de photos réalisées avec le nouveau 10-24 mm si je devais n’en garder qu’une, ce serait l’image de ma fille au dessus de la mer de nuages sur les falaises du Vercors. Sur cette photo ce n'est pas le rendu graphique, la technique qui s'impose pour moi mais l'impact affectif de mes yeux de père. Nous avons assisté ce jour là à un spectacle fascinant ensemble, jusqu'au coucher du soleil, un moment de partage, simple, authentique...

Tamron SP 10-24 mm – 19 mm - 1/80s – f/22 – Iso 400

À propos de l’auteur : Gregory Perrin

Auteur-Photographe, Gregory est un autodidacte, passionné de nature et de macrophotographie. Vivant à la campagne, entre Lyon et Grenoble, il n’a que quelques mètres à faire pour atteindre les champs les plus proches qui constituent certains de ses terrains de jeux favoris. Depuis plusieurs années, il est l’un des ambassadeurs Tamron. À ce titre, Gregory teste longuement les objectifs et nous fait part de ses remarques. Toujours avide de partager ses connaissances, il anime des conférences pour divers salons et événements photographiques.

Un peu plus sur l’auteur :

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